Emma – Jane Austen

4e de couverture :

Orpheline de mère, seule auprès d’un père en mauvaise santé, Emma Woodhouse, désormais maîtresse de maison, s’est mise en tête de marier Harriet Smith, une jeune fille pauvre qu’elle a pris sous sa protection. Ce faisant, ne s’est-elle pas attribué un rôle qui n’est pas (ou pas encore) pour elle ? Son inexpérience des coeurs et des êtres, ses propres émotions amoureuses, qu’elle ne sait guère interpréter ou traduire, lui vaudront bien des déconvenues et des découvertes.

Emma

Mon avis :

Après Orgueil et préjugés et Persuasion, Emma est mon troisième roman de Jane Austen préféré. Aussi, j’ai été ravie quand Claire m’a proposé de le relire en lecture commune.

Ce roman raconte l’histoire d’Emma, une jeune fille de vingt et un an, orpheline de mère depuis son enfance, et qui vit seule avec son père, un homme anxieux et malade dans le petit village de Highbury. Après le mariage de Miss Taylor – qui devient Mrs Weston –  sa gouvernante et amie, Emma, qui est persuadée d’avoir favorisée cette union, se met en tête de devenir entremetteuse. Elle décide donc de trouver un mari convenable à sa nouvelle amie, la jeune et innocente Harriet Smith. Cette décision aura de nombreuses conséquences sur la vie des deux jeunes filles et le voisinage : Harriet finira bien par se marier et Emma prendra conscience de ses sentiments amoureux…

J’ai beaucoup aimé les personnages rencontrés dans ce roman. Je sais que Emma ne fait pas l’unanimité mais je la trouve attachante. Elle n’est pas exempte de défauts évidemment, mais elle est attentionné envers ceux qu’elle aime, elle sait accepter les remarques et se remettre en question. J’ai beaucoup aimé la plupart des autres personnages. Mr Knightley est un parfait gentleman, Mr et Mrs Weston sont des amis sympathiques, Frank Churchill est un jeune homme plein d’entrain, Mr Woodhouse est toujours plein de bonnes intentions. J’ai eu un peu plus de mal avec Harriet Smith trop naïve à mon goût bien que très représentative des jeunes filles de l’époque. Je détesté Mr et surtout Mrs Elton, tellement imbus de leurs petites personnes. J’ai aussi trouvé Jane Fairfax un peu trop transparente. Miss Bates est pleine de bonnes intentions mais ses bavardages sont un peu longs.

J’ai également apprécié les nombreux rebondissements qui ont ponctué ma lecture et qui donnent du rythme à l’histoire. Les 100/150 dernières pages sont pleines de révélations qui bouleversent notre héroïne. Heureusement, et comme dans tous les romans de Jane Austen, tout est bien qui finit bien. Le dénouement m’a beaucoup plu. Emma mûrit, se rend compte des sentiments amoureux qu’elle éprouve et ceux-ci sont réciproques.

En bref, Emma, après relecture, reste bien dans mon top 3 des romans de Jane Austen. J’ai adoré cette histoire qui m’a emporté à Highbury pour y découvrir une galerie des personnages sympathiques et attachants.

Ma note : ♥♥♥♥♥

Emma
Titre VO : Emma (1816)
Jane AUSTEN
Editions Le livre de poche, collection Les classiques de poche
512 pages

God save the livreLu dans le cadre du challenge « God save the livre – édition 2013 » et en lecture commune avec Claire.

Publicités

Nord et Sud – Elizabeth Gaskell

4e de couverture :

Après une enfance passée dans un village riant du Hampshire, Margaret Hale, fille de pasteur, s’installe dans une ville du Nord. Témoin des luttes entre ouvriers et patrons, sa conscience sociale s’éveille. John Thornton, propriétaire d’une filature, incarne tout ce qu’elle déteste : l’industrie, l’argent et l’ambition. Malgré une hostilité affichée, John tombera sous son charme.

Nord et Sud

Mon avis :

Cela faisait un moment que j’avais envie de sortir ce classique de la littérature anglaise du XIXe siècle, et je remercie vivement MagicEtincelle du blog Lectures d’une guenon de m’avoir proposé de le lire en lecture commune.

Dans ce roman, nous suivons Margaret Hale. Après avoir été élevée à Londres chez sa tante, Mrs Shaw, Margaret, au lendemain du mariage de sa cousine Edith avec qui elle a grandit, rentre chez ses parents, dans la campagne du Sud de l’Angleterre à Helstone où elle espère couler des jours heureux. Mais les jours de repos sont de courtes durées : le père de Margaret, Mr Hale, ne se sentant plus en accord avec l’Eglise qu’il représente, démissionne de son ministère. La famille Hale doit donc quitter le presbytère qu’elle occupe. Mr Hale décide de s’installer dans une ville du Nord de l’Angleterre, Milton, où il exercera la profession de précepteur. Dans cette région à l’opposé de ce qu’elle a connu jusque là, Margaret rencontrera Mr Thornton, un homme qui est tout ce qu’elle abhorre : un ambitieux propriétaire d’une filature qui s’est construit tout seul et qui s’éprendra d’elle. Pourtant, dans ce monde si différent du sien, et après bien des mois et des épreuves, Margaret finira par trouver sa place dans le Nord.

Le point central du roman, comme son titre l’indique d’ailleurs, est le contraste entre les gens Nord et ceux du Sud et l’incompréhension des uns pour les autres. Ainsi, les gens du Sud sont vus comme des personnes oisives, qui ont beaucoup de temps pour les loisirs, des bourgeois en somme. Ceux du Nord sont vus comme des parvenus, avides d’argent, travaillant beaucoup et n’ayant aucunes manières distinguées. Le contexte socio-culturel est vraiment très développé et j’ai vraiment apprécié. On découvre à la fois les habitudes des gens du Sud mais aussi l’univers industrialisé du Nord et ce qui en découle : le monde ouvrier, les grèves, leurs conséquences, la ville.

Toute la galerie des personnages principaux et secondaires m’a plu. Au contraire de l’héroïne, Mr Thornton m’a tout de suite plu. J’ai apprécié Higgings, l’ouvrier meneur de grève, Mrs Thornton, la mère si fière de la réussite de son fils, Mr Bell, le parrain de Margaret. L’histoire est vraiment très prenante, beaucoup d’éléments m’ont surprise au cours de ma lecture, des événements auxquels je ne m’attendais pas du tout, notamment concernant la famille de Margaret. 

J’ai aimé la relation entre Margaret Hale et John Thornton, qui n’est pas sans rappeler celle de Elizabeth Bennet et Darcy dans Orgueil et préjugés même si le caractère de Miss Hale est totalement différent de celui de Miss Bennet. Margaret est pleine de préjugés à l’encontre de Mr Thornton dès leur rencontre. Quant à lui, il est sous le charme de Margaret très rapidement même si elle l’agace énormément

En bref, Nord et Sud m’a littéralement emporté dans ce milieu de XIXe siècle où les mentalités, les styles de vie commencent à évoluer. J’ai aimé suivre tous les personnages de ce roman et découvrir au fil des pages ce que l’auteure leur réservait. Un livre que je relirai sans aucun doute.

Ma note : ♥♥♥♥♥

Nord et Sud
Titre VO : North and South (1855)
Elizabeth GASKELL
Editions Points, collection Les grands romans
673 pages

94217010201054395233087 God save the livre victorien-2013 challenge-des-100-livres-chez-bianca

Lu dans le cadre du « mois anglais », du challenge « God save the livre – édition 2013 », du challenge « victorien 2013 », du challenge « Les 100 livres à avoir lu » et en lecture commune avec MagicEtincelle.

Au temps du roi Edouard – Vita Sackville-West

4e de couverture :

« Margaret prétend qu’elle veut épouser un peintre, dit Sylvia, en regardant sa fille avec compassion.
– Quoi ! s’écria la duchesse, un peintre ? Quel peintre ? A-t-on jamais entendu chose pareille ? La fille de lady Roehampton épouser un peintre ? Mais non, mais non…
Vous épouserez Tony Wexford, et nous verrons après ce qu’on pourra faire pour le peintre », ajouta-t-elle, en lançant à Sylvia un coup d’oeil rapide.

Dans cette chronique grinçante de l’aristocratie anglaise du début du XXe siècle, Vita Sackville-West fait craquer sous les passions le vernis des bonnes manières.

au temps du roi edouard

Mon avis :

Je poursuis ma découverte des auteurs anglais classique avec Vita Sackville-West et Au temps du roi Edouard, un roman dressant un aperçu sans complaisance de la haute société anglaise du début du XXe siècle, dans les dernières années du règne du roi Edouard VII.

Dans ce roman, nous suivons Sebastien, duc de Chevron. Ce jeune aristocratique anglais rejette le monde auquel il appartient à cause de son hypocrisie, ses convenances, ses obligations mondaines, ses adultères et son ennui. Lors d’un week-end, Leonard Anquetil, un aventurier, lui propose de partir avec lui pour échapper à ce monde et son avenir tout tracé. Mais Sebastien, qui vient de succomber aux charmes de la meilleure amie de sa mère, et se croyant maître de son destin va refuser. Très honnêtement, Sebastien m’a un peu agacé : coincé entre le rejet de son monde et un futur auquel il ne semble pas vouloir échapper, j’aurais aimé qu’il prenne plus de décisions.

Si le personnage principal est Sebastien, toute la galerie des personnages secondaires permet de dresser un tableau très réaliste de cette époque entre aristocratie, classes moyennes et domestiques qui n’a pas été sans me rappeler Downtown Abbey par moment. On découvre un monde qui change : l’austérité de l’époque victorienne fait place à un relâchement des moeurs, mais seulement derrière le mur des convenances. La jeune génération s’émancipe notamment avec Viola, la soeur de Sebastien qui choisit de vivre seule en appartement à Londres ou avec le fils de l’intendant de Chevron qui devient mécanicien au lieu de succéder au poste de son père.

J’ai apprécié l’écriture de l’auteure. Son style est fluide ce qui m’a permis de lire ce roman très rapidement.

En bref, Au temps du roi Edouard dresse un tableau sans concession de la société du début du XXe siècle, et notamment de l’aristocratie.

Ma note : ♥♥♥♥

Au temps du roi Edouard
Titre VO : The Edwardians (1930)
Vita SACKVILLE-WEST
Editions Le livre de poche
253 pages

94217010201054395233087    God save the livre

Lu dans le cadre du « mois anglais », du challenge « God save the livre – édition 2013 » et en lecture commune avec Bianca, Claire et Fanny