Maine – J. Courtney Sullivan

4e de couverture :

Pourquoi la vie de famille est-elle si compliquée ? Et comment faire quand la moindre conversation peut déclencher un drame ? Les femmes de la famille Kelleher se posent les mêmes questions mais n’y apportent jamais les mêmes réponses. Réunies pour une dernière fois dans leur maison de vacances du Maine, Alice (la grand-mère), Kathleen (la mère), Maggie (la petite-fille) et Ann Marie (la belle-fille), tentent de vivre ensemble malgré les secrets et des discordes passées. Cet été bouleversera leur existence.

maine

Mon avis :

Quand j’ai été contacté par les éditions Rue Fromentin pour lire Maine, deuxième roman de J. Courntey Sullivan, j’étais persuadée que l’apprécierai : un livre qui mêle histoire de famille sur plusieurs générations et secrets a de grandes chances de me plaire. Et effectivement, Maine m’a beaucoup plu.

Comme tous les étés, Alice se prépare à accueillir sa famille dans leur maison de vacances familiale dans le Maine selon un planning établi : juin pour la famille de son aînée Kathleen, juillet pour la famille de son fils Pat, et août pour sa fille Clare. Ce roman est un récit à quatre voix, de quatre femmes appartenant à cette famille : celle des Kelleher.

Alice, la grand-mère, est une très belle femme de plus de 80 ans, extrêmement croyante, à la personnalité changeante. Quand elle était jeune, elle voulait être artiste peintre et vivre à Paris. Toutefois, la mort prématurée de sa soeur Mary va bouleverser son destin. C’est à contre-coeur qu’elle se marie et fonde une famille bien qu’elle soit amoureuse de son mari, Daniel. Un lourd secret la pousse dans l’alcoolisme. Au fil des chapitres qui lui sont consacré, on en apprend plus sur ses rêves, ses espoirs déçus, ses blessures et évidemment sur ce terrible secret qui hante son existence.

Kathleen, la fille, est une ex-alcoolique, divorcée, qui s’est installée en Californie pour élever des vers avec son nouveau compagnon. Depuis le décès de son père, elle ne voit plus que rarement sa famille qui est pour elle source de colère et de rancœur.

Maggie, la fille de Kathleen, est une trentenaire New-Yorkaise que son petit ami, Gabe, vient de quitter. Elle vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Elle se rend dans la maison du Maine pour panser ses blessures et pour faire face à sa nouvelle situation, car elle décide de garder l’enfant.

Ann Marie, la belle-fille d’Alice, semble être la parfaite femme au foyer accomplie : maison impeccablement tenue, trois enfants à qui tout semble réussir. Elle semble maîtriser chaque moment de son existence pourtant tout n’est qu’apparence : ses enfants la déçoivent, toute passion est éteinte entre son mari et elle et elle fantasme sur l’un de ses amis. Pour occuper ses longues journées, elle se passionne pour la décoration de maison de poupée.

Maine est un roman très féminin qui aborde de nombreux thèmes : les racines familiales irlandaises, l’alcoolisme, le catholicisme, la guerre, l’évolution des femmes au fil des générations et parfois aussi le choc des générations. J’ai également apprécié la diversité des personnages secondaires et notamment Daniel qui m’ai apparu comme un homme bon et attentionné. Si Daniel est décédé au moment de l’intrigue, j’ai pu ressentir le poids de son absence et sa conséquence directe : le manque de cohésion familiale. La fin m’a un peu laissé sur ma faim. J’aurais aimé que les relations entre les différents membres de la famille s’apaisent ou tout du moins qu’ils en arrivent à un minimum de compréhension. J’aurais aussi préféré que le destin de la maison du Maine.

Par ailleurs, j’ai été un peu déçue de trouver plusieurs coquilles au cours de ma lecture. Personnellement, c’est quelque chose qui me gêne et je trouve que ça nuit à la qualité de l’ouvrage, bien que l’histoire soit très bonne.

En bref, Maine est un très bon moment pour cet été. J’ai pris plaisir à suivre Alice, Kathleen, Maggie et Ann Marie à voir disparaître les faux-semblants qui les entourent et à les voir évoluer, même si j’aurais préféré une fin un peu plus optimiste. En tout cas, je lirai avec plaisir le premier roman de l’auteure : Les débutantes.

Ma note : ♥♥♥♥

Maine
Titre VO : Maine (2011)
J. Courtney SULLIVAN
Editions Rue Fromentin
450 pages

Merci aux éditions Rue Fromentin pour la découverte.

Lu en lecture commune avec Bianca

Wonder – R. J. Palacio

4e de couverture : 

 » Je m’appelle August.
Je ne me décrirai pas.
Quoi que vous imaginiez, c’est sans doute pire. « 

Né avec une malformation faciale, Auggie n’est jamais allé à l’école.
A présent, pour la première fois, il va être envoyé dans un vrai collège…

Pourra-t-il convaincre les élèves qu’il est comme eux, malgré tout ?

wonder

Mon avis :

Il y a un moment que ce livre me tentait avec sa couverture mystérieuse et ses bons avis sur la blogosphère. Aussi, j’ai été ravie de remporter ce titre récemment grâce aux éditions 12-21. Aussitôt installé sur ma Kobo, aussitôt lu.

Wonder raconte l’histoire d’un garçon de 11 ans prénommé August – Auggie pour ses proches – et qui va faire sa rentrée en sixième. Un récit banal ? Sûrement pas car August est différent. Il est né avec d’importantes malformations faciales dues à des chromosomes défaillants. Depuis sa naissance, il subit le regard des autres, enfants et adultes, plein d’horreur, de dégoût et de pitié. Jusqu’à présent, il ne quittait pas le cocon familial et c’est sa mère qui lui faisait l’école. Mais ses connaissances ne lui permettent plus de continuer et c’est pourquoi, pour la première fois de sa vie, August va prendre le chemin de l’école comme les autres enfants…

Le récit alterne différents points de vue. On a évidemment celui d’August, mais aussi celui de ses proches ce qui permet d’avoir plusieurs approches les mêmes événements. J’ai adoré le personnage d’August. Il est frais, vivant, attachant, plein d’humour, intelligent et il ne s’apitoie pas une seconde sur son sort tout en étant très réaliste, sachant très bien que son visage choque les autres. Pour ma part, j’ai pu relativement bien imaginer l’aspect physique d’August puisque j’ai connu quelqu’un ayant des malformations faciales assez semblables à celles décrites ici.

Le point de vue des autres personnages est très intéressant car il permet de voir leur attitude face à August. Je les ai trouvé tous très réalistes et attachants à leur manière. Il y a Via, la soeur d’August qui entre au lycée ne veut pas que son frère vienne la voir là-bas pour ne pas être vu comme la soeur de l’enfant difforme mais en même temps tout en se rendant compte de l’égoïsme de son comportement car elle aime tendrement son petit frère. Il y a aussi Jack, à qui le principal du collège a demandé d’aider August à s’intégrer et qui va se lier d’amitié avec lui sans même s’en rendre compte. Il y a le petit ami de Via qui découvre August et sa famille très unie.

En bref, Wonder est un roman très réaliste mais plein d’espoir sur la différence, la tolérance et l’amitié dont le titre prend tout son sens dans les dernières pages. Je vais d’ailleurs en recommander la lecture à mes petits cousins.

Ma note : ♥♥♥♥

Wonder
Titre VO : Wonder (2012)
R. J. PALACIO
Editions 12-21
Ebook