Le silence de la mer – Vercors

4e de couverture : 

1941 : un jeune officier allemand, cultivé et francophile, est l’hôte imposé d’un homme et de sa nièce. A cette intrusion de l’ « ennemi », ils répondront par un inaltérable mutisme : pas une phrase ne sera échangée pendant leurs longs mois de cohabitation, en dépit des tentatives du jeune homme qui aimerait partager avec eux ses convictions humanistes. Mais sous la calme surface des eaux, c’est toute «la vie sous-marine des sentiments cachés, des désirs et des pensées qui se nient et qui luttent ».

Mon avis :

C’est l’histoire d’un vieil homme et sa nièce qui habite dans une maison réquisitionnée par l’armée allemande pour héberger l’un de leur officier : Werner Von Ebrennac. Il n’est pas un militaire de carrière. C’est un artiste, un musicien. Il aime la France et sa culture. Chaque soir, comme un rituel et malgré le silence de ses hôtes, il les rejoint au salon et leur parle d’art, de culture, de la fraternité qu’il pense voir naître un jour entre la France et l’Allemagne…

Pour moi, cette nouvelle, c’est l’histoire d’une désillusion. Celle de cet officier allemand qui croit que la culture pourra rapprocher deux peuples que tout semble opposer. Quand il comprendra finalement qu’il n’en sera jamais rien, il choisit de rejoindre l’enfer du front russe…

C’est aussi l’histoire d’une résistance. Celle du vieux monsieur et de sa nièce, qui par leur silence font comme si Werner Von Ebrennac n’était pas là. Ils ne peuvent pas s’opposer à la présence de cet homme dans leur demeure ils ne peuvent que l’ignorer.

C’est un texte plutôt court, mais poignant, émouvant. Je le conseille vivement!

Ma note : ♥♥♥♥♥

« J‘appris ce jour là qu’une main peut, pour qui sait l’observer, refléter les émotions aussi bien qu’un visage, – aussi bien et mieux qu’un visage car elle échappe davantage au contrôle de la volonté. »

Le silence de la mer (1942)
VERCORS 
Editions Le Livre de Poche
215 pages